Dom a 57 ans et à côté de son boulot d’entrepreneur et de créateur de start-ups informatiques, il accompagne chaque année de nombreux aventuriers, souvent plus jeunes, dans les grands espaces sauvages horizontaux comme verticaux. Il a lancé l’association Cap Expé, une communauté d’aventurières et aventuriers dans le but d’encourager le rêve d’aventures et surtout leurs réalisations en autonomie. Sa motivation principale c’est la pédagogie et la transmission. C’est aussi pour cela qu’il se lance aussi aujourd’hui dans la réalisation de films.

Simon, 26 ans, est un ingénieur industriel passionné d’escalade sportive et de montagne. Il a déjà monté une expédition d’alpinisme dans le Tian Shan kirghize et une série de sorties dans les Alpes. L’escalade de la tour de la Fleur de Lotus clôture son année sabbatique passée au Canada pendant laquelle il s’est familiarisé avec l’escalade sur coinceurs de grandes parois. Simon aime l’action et la performance.

Joachim, 25 ans travaille comme kiné depuis deux ans. Passionné d’escalade sportive qu’il pratique en salle depuis l’adolescence, il a commencé la grimpe en falaise à l’âge de 10 ans avec ses oncles mais n’a que peu d’expérience dans l’absolu. Ce qui l’attire surtout dans cette expédition c’est sa plongée d’un mois dans la toute grande nature vierge du grand nord canadien, loin de toute civilisation.

Matthias, 23 ans, passionné de montagne, vient de terminer ses études d’ingénieur civil. Il a déjà participé à plusieurs expéditions notamment à ski en Laponie, en vélo en Mongolie et à pied au Canada. Il a déjà suivi Dom dans une escalade engagée dans les Dolomites. Son rêve est de se rapprocher de la montagne et cette expé sera sans doute le début d’une plus longue série de péripéties alpines.

Antoine, 23 ans est étudiant en médecine. Comme Joachim il grimpe depuis l’adolescence en salle. Très récemment initié sérieusement à l’escalade en falaise et en grandes voies il n’a que peu d’expérience dans ce domaine. Mais il n’en est pas moins adepte de la randonnée et de l’alpinisme, éduqué depuis son enfance à la montagne par sa famille et amis, il part chaque année pour faire de la randonnée ou gravir des sommets dans les alpes. Cette expé est pour lui une grande première de par sa durée et de sa complexité physique et organisationnelle. Ce qui l’attire le plus dans cette aventure ce sont les grands espaces et la tranquillité tout en gardant un oeil fixe sur le sommet.

Intentions de l’équipe

Pourquoi et comment?

Tout a commencé en prenant des nouvelles de Simon qui était au Canada en décembre. Il est venu vers moi avec le projet d’aller grimper la Tour de la Fleur de Lotus dans un parc au Canada. J’ai pas beaucoup réfléchi sur le moment et je lui ais dis que j’étais partant. J’ai réalisé dans quoi je m’embarquais dans les semaines qui ont suivi. Petit à petit l’ampleur de l’expédition s’est dévoilée. Cela a continué à grossir jusqu’en juin. Découverte après découverte, j’ai vraiment réalisé que ce que je m’apprêtais à faire était, comparé à tout ce que j’avais déjà fait, un éléphant.

J’ai eu des périodes de doute quant à mes capacités à réaliser cette expédition sans risquer ma vie. La possibilité de se blesser lors de celle-ci aurait été pour moi catastrophique pour la poursuite de mon travail. Etant kiné indépendant je me serais retrouvé sans revenu. Mais j’ai pris la décision de me lancer et de le faire. Une de mes meilleures décisions quand je regarde en arrière. Joachim

Quelles étaient tes craintes?

Au-delà des risques physiques et de ce que cela aurait impliqué, mes principales craintes étaient sur la vie à cinq au milieu de nulle part pendant un mois. Je ne connaissais que Simon et Antoine avant de commencer les préparatifs. Je m’engageais à passer un mois “confiné” avec quatre personnes et j’avais peur de ce que cela pouvait impliquer.

Mais l’ambiance était bonne et même la gêne liée à la différence d’âge avec Dom s’est vite dissipée. Les premiers quatre jours, Dom nous a transmis son savoir dans tous les aspects pratico pratiques de la vie “into the wild”. Jours après jours nous recommencions les petites routines de l’installation du camp et de la préparation du dîner qu’il nous avait inculquées. Après une semaine, je me suis senti plus à l’aise et je me suis approprié ces astuces. J’ai même commencé à m’en créer moi-même. J’étais alors indépendant et je garderai cette expérience pour mes projets futurs. Joachim

Le projet du film

Lors de la première réunion chez Dom, il nous avait annoncé son projet de filmer l’aventure et d’en faire un film amateur. Il nous demande alors de l’aider dans cette réalisation en filmant nous aussi sur place. J’avais peur que par cela on ne profite pas vraiment de l’instant présent, que l’on se projet dans le futur d’après expé. J’avais peur que cela m’empêche de profiter pleinement de cette plongée dans la nature profonde en me rattachant à la civilisation.

Je n’ai jamais vraiment été celui qui prend les photos en randonnée, mais j’y ai vite pris goût. Le fait que tout le monde filme à tour de rôle nous a vite fait oublier l’objectif et le naturel est revenu au galop.

Un ou deux mois après l’expé, Dom nous a annoncé que le projet du film amateur c’était transformé en film semi pro avec tous les investissements que cela allait entraîner pour lui qui portait ce film. J’ai été surpris et content que notre histoire puise plaire à ce point. De mon point de vue nous n’étions que cinq amateurs (même si Dom à 30 ans d’expérience) très loin de tout ce que j’ai toujours vu dans les documentaires que j’aime regarder sur la montagne et ses grimpeurs.

Maintenant je suis motivé pour aider à la réalisation de ce film dans la mesure de mon possible. Et cela passe par la promotion de celui-ci. Car je crois vraiment que cette histoire pourra toucher les jeunes de mon âge et les plus jeunes. Leur insuffler l’envie d’accepter la proposition de cet ami qui vous suggère un projet dont vous n’auriez même pas osé rêver. Joachim

Comment cela s’est-il présenté pour toi ?

Dans un premier temps, c’est Simon qui m’a proposé ce projet en mars 2016. Perplexe dans un premier temps, il ne m’a pas fallu longtemps avant de prendre la décision de l’accompagner dans cette expe. Je connais très bien Simon et Joachim, il y a seulement Dom et Mathias qui m’étaient presque inconnus. Cela ne m’a pas posé de problèmes grâce aux weekends de préparation que nous avons fait ensemble et où nous avons appris à nous connaître. Antoine

Quelles étaient tes craintes ?

Je suis surtout un grimpeur de salle, que je pratique depuis l’adolescence. N’ayant pas beaucoup grimpé en falaise, ce rocher de 800 mètres en escalade sur coinceurs devait être ma 5ième sortie en falaise. C’était ma seule « crainte », ceci étant, le niveau de la voie était plus qu’abordable donc ça ne m’a pas rebuté longtemps. Je n’étais pas du tout inquiet pour tout le reste (packrafting, marches d’approche…) j’étais bien en forme physiquement et je n’ai jamais vraiment été « limité ». Antoine

Que recherchais-tu ?

Ce qui me branchait le plus, c’était l’isolement et le fait d’être hors de toute civilisation durant un mois entier, de tout faire en autonomie la plus complète du premier au dernier jour. Depuis mon plus jeune âge, je pars tous les ans en montagne. J’aspire après mes études de médecine à partir à l’étranger dans les alpes suisses ou françaises, ce serait mon rêve de pouvoir m’installer dans un lieu où l’outdoor est plus envisageable qu’en Belgique (ski nordique, alpin, randonnées, alpinisme, escalade…). Du coup, cette expédition me parlait vraiment et me motive dans cette lancée de partir à l’étranger. Antoine

Maintenant où te situes-tu ?

Je ne prétends pas avoir « changé » après cette expe, c’était vraiment incroyable mais il faut garder les pieds sur terre et se dire que ce n’est ni la première et certainement pas la dernière. À chaque jour en suffit sa peine, même en dehors de ces expéditions, il y a moyen de créer de nouveaux projets chaque jour. Je considère cette histoire comme une amorce, cela me rassure et je me dis qu’avec de la détermination et de l’audace on peut réaliser vraiment de grandes choses avec ses potes. Antoine