Pour que ce film existe

Le synopsis

Ali, tu es reparti. Tu n’attends plus. Tes papiers, la publication de notre livre, rien n’arrivait. Tu as eu peur de perdre la tête. Alors, tu as décidé de rentrer en Irak et je reste avec ma tristesse et ma colère. Cela ne devrait pas être un privilège de s’installer ici. Tu habitais ma maison et tu sillonnais la ville comme n’importe qui. Tu avais des rêves grands comme la Belgique. Un esprit sans cesse à retourner les évidences. Tu avais ta place au pays du surréalisme. Et tout aurait pu être si simple. Ali, l’absurde est devenu roi et ce n’est même pas drôle. Mais ce rêve de vivre ensemble a eu lieu. Malgré l’amertume, nous voulons montrer cette rencontre, comme une invitation collective à croire en l’hospitalité.

Un film pour s’engager

Nous voulons montrer ce qui se passe derrière les enjeux abstraits de la migration. Filmer dans le quotidien d’une famille, entre la cuisine et la balade du chien, entre le goûter des enfants et la machine à café. C’est pas si compliqué que ça de se comprendre. Mais que signifient encore les mots liberté, égalité, solidarité, accueil, quand les candidats à l’asile n’ont pas la possibilité de construire leur vie, freinés par l’attente interminable et impuissante de leur demande de papiers ?

ALI ET ALIETTE est un film qui mise résolument sur “l’entrevivre”. Ali plaisantait et apprenait le français avec le chien, toujours facétieux, plein d’humour… Filmer comme une blague, mais aussi comme une révolte contre une politique frileuse, si loin des principes fondateurs d’accueil d’un pays où partout fleurissent des “communes hospitalières”.
Constater la réalité de cette situation en écho à toutes celles de la ville, aujourd’hui gruyère à espoir.

A quoi servira la collecte?

Quasi tout est déjà filmé. Il a fallu mettre les bouchées doubles avant le départ d’Ali en Irak. Philippe, notre producteur a visionné les images avec nous et il y croit ! “Je suis plus que convaincu que la matière est là pour faire un très beau film que je pense inédit. Il nous faut maintenant nous adjoindre les talents d’un monteur pour raconter cette histoire, et délivrer un message essentiel : continuer à vivre ses rêves mais sans se perdre.” Avec le montage, nous pourrons aller chercher des financements complémentaires chez un diffuseur (RTBF), auprès des institutions et d’investisseurs tax shelter.

Mais pour cela nous avons besoin d’aide de votre aide!
Pour soutenir le film jusqu’à cette première étape, et bien au-delà…
Et vous le soutiendrez aussi en diffusant cet appel à dons vers vos amis et connaissances. Tout geste est le bienvenu.

Etape 1 :
à 5.545 € = un mois de montage, dérushage, assemblage pour raconter l’histoire

Etape 2 :
à 9.220 € = suite et fin du montage et premier remboursement de l’équipe de tournage

Etape 3:
à 13.500 € = création des outils de communication du film (affiches, dvd, blue ray), envoi à des festivals, et rémunération des autrices

Etape 4 :
à 16.000 € = création d’une version anglaise, plus de festivals et plus de projections encore

Les tournages ont dû être organisés avant le retour d’Ali, et ont été jusqu’à présent financés grâce aux fonds propres des autrices. Ces fonds propres ne sont malheureusement pas suffisants pour financer la totalité du film. Des démarches vont être lancées pour obtenir des financements extérieurs. Mais ces financements extérieurs ne pourront intervenir que si nous démontrons la crédibilité et la pertinence du projet. Pour cela, nous devons procéder à la première étape clé de post-production: le montage avec un monteur expérimenté. Nous présenterons cette première étape à la Commission du film pour une “aide à la finition”, à un diffuseur et nous pourrons espérer un complément avec un investisseur tax-shelter et ainsi rémunérer l’ensemble de l’équipe, personnel et matériel, sans oublier les autrices. Le budget du film est estimé à un montant de 50.000 à 60.000 €. Grâce à vous, nous espérons réunir 25% du budget. Si votre soutien permet de lever plus d’argent, nous nous engageons a reverser l’excédent à une association qui accompagne ici les réfugiés.

Un film pour accueillir

Ali est reparti. Au début de ce mois de juillet, il a décidé de retourner volontairement en Irak. « Remettre mon corps en danger pour sauver ma tête », m’a-t-il dit. Abandonner le pays de ses rêves pour retrouver sa capacité à rêver, perdue, quelque part entre Anvers et Bruxelles, ou était-ce à Tournai ?

Ali est mon ami. Je l’ai rencontré avec Anne en septembre 2015 à son arrivée au Parc Maximilien. Il arrivait d’Irak et rêvait de s’installer en Belgique. Un pays où trois communautés, diverses cultures et religions vivent en paix, un paradis selon lui.

Je l’ai accueilli dans ma famille. Durant trois années, nous avons développé et construit des projets artistiques ensemble. Ali voulait écrire un livre, raconter pourquoi il est parti d’Irak, témoigner. Je l’ai accompagné dans cette écriture et le livre s’est écrit à quatre mains. Avec Anne, nous avons fait des lectures et un spectacle multimédia. Nous étions les AAA.

Ali est reparti et nous ne comprenons pas… Comment notre pays a-t-il pu briser ce rêve, comme celui de beaucoup d’autres, au point de leur donner peur de se perdre ? Comment accepter que retourner ainsi en arrière soit pour lui et tant d’autres, la seule manière de se reconstruire ?

Alors, nous faisons un film. Pour que le passage d’Ali parmi nous ne soit pas qu’une parenthèse et parce que des Ali, il y en a plein! Tenter de comprendre, en parler. Les enjeux sont devant nous.

« Si l’hospitalité est une éthique, comment en faire un droit ? »  Tahar Ben Jelloun